Dossier Bien choisir son bateau
- Partie 1 Où pêchez-vous ?
- Partie 2 Les contraintes matérielles
- Partie 3 Coque et aménagements
- Partie 4 Quel matériau ?
Quand on envisage l’achat d’un bateau de pêche, l’un des premiers aspects pris en considération est évidemment le prix, puisqu’il est bien rare que l’on ne se fixe pas un budget, ou au moins une fourchette. C’est d’autant plus légitime que l’on trouve des bateaux à tous les tarifs, depuis quelques centaines d’euros pour une barque d’occasion jusqu’à 70 000 voire 100 000€ pour un énorme bass boat sur-motorisé et équipé d’une électronique haut de gamme.
Définir ses besoins
C’est bien sûr une affaire de moyens, sachant qu’un bateau n’a pas forcément besoin d’être très cher pour donner du plaisir et prendre du poisson. Je n’éluderai pas cet aspect primordial des coûts (achat et utilisation) mais je voudrais attirer l’attention sur le fait que faire passer ce critère avant tout autre est une erreur. Un bateau au juste prix, celui que vous vous étiez fixé, mais inadapté à vos besoins et contraintes sera une source de déboires. Commencez donc par définir ces besoins, qui dépendent de plusieurs critères: où allez-vous l’utiliser ? Quels types de pêches ? Quel budget de fonctionnement ? Où sera-t-il stocké ? Combien de pêcheurs pourrait-il embarquer et dans quelle condition physique ? À quel genre de mise à l’eau aurez-vous accès ? De quel véhicule tracteur disposez-vous ? Tous ces points sont primordiaux car ils peuvent définir la taille et le poids du bateau, la forme de la carène et même le matériau qui le compose. Je vais donc passer ces points en revue pour que l’on comprenne bien en quoi ils sont importants. Ces besoins étant clairement définis, on aura réduit l’éventail des choix possibles et il sera alors temps de s’intéresser de plus près au sujet prix.
Vos spots habituels
Le genre d’endroits où vous prévoyez d’utiliser votre bateau va grandement guider votre choix notamment pour une raison incontournable : la sécurité. Dans un grand nombre de situations, ce n’est pas vraiment un souci en eau douce et en France, où les grands biotopes sont plutôt l’exception. Néanmoins les eaux dangereuses ou susceptibles de le devenir en cas de grain existent bel et bien. On peut citer par exemple certains grands lacs alpins, les étangs landais et quelques grands fleuves navigables où d’énormes pousseurs créent des vagues impressionnantes. Certaines rivières moins importantes mais où de grands plats alternent régulièrement avec des zones beaucoup plus rapides peuvent également être dangereuses (risque de chavirage, faible hauteur d’eau). Pour les lacs où par vent fort on est susceptible d’affronter des vagues serrées de un mètre ou plus, il faut impérativement disposer d’une coque en V, haute et avec beaucoup de franc-bord, ce qu’on appelle un walleye boat. Ou à la rigueur un pneumatique semi-rigide même si ce n’est pas un type de bateau très pratique en action de pêche.
Attention aux vagues
Avec quoi que ce soit d’autre, on s’expose à prendre de l’eau en navigation (bass boat) ou à ne pas pouvoir naviguer du tout (fond plat). J’ai testé… et je ne recommencerai pas ! Pour les grands fleuves avec grosses vagues de pousseurs, c’est un peu la même chose sauf qu’on parle là de deux ou trois vagues successives seulement, pas de naviguer des kilomètres dans des eaux déchaînées. On peut donc être un peu moins exigeant sur la tenue aux vagues, mais si l’étrave n’est pas assez haute vous risquez de prendre de l’eau par l’avant ou par le côté. J’ai vu sur le Rhône un gros Ranger, un bass boat en fibre haut de gamme mais bas sur l’eau, embarquer 100 l d’eau à l’arrêt sur une série de vagues de péniche. La première l’a soulevé et il s’est enfoncé dans la seconde en retombant. C’est rigolo en été mais tout le matos baigne dans l’eau. En hiver, pas drôle du tout !
Un projet bien ficelé
Pour les franchissements de radiers en rivière rapide, le mieux est une barque à fond plat assez large, genre skiff. C’est très stable, hyper solide et le tirant d’eau est faible, ça passe dans 30cm de fond. Tout le contraire d’une carène en V donc, mais nous aborderons les styles de coque plus en détail. En dehors des cas que je viens de citer et de quelques autres comme certains lacs ventés et interdits aux moteurs thermiques (Der, Salagou, etc.), la majorité des biotopes en France acceptent tous types de coques sans que la sécurité soit mise en cause. Ça inclut bien sûr les étangs et rivières de plaine, mais aussi la majorité des lacs de barrage. Mûrissez donc bien votre projet en prenant en compte cet aspect sécurité, sans inquiétude exagérée mais sans le prendre à la légère. Nous aborderons, dès le prochain numéro, des aspects sans doute plus terre à terre mais qui devraient également orienter votre choix.
Un bateau doit flotter
Même si les eaux que vous fréquentez ne présentent aucun risque particulier, fuyez comme la peste les coquilles de noix genre annexes dépourvues de double coque ou de tout autre réserve de flottabilité. Un bateau susceptible de couler à pic s’il prend trop d’eau n’est rien d’autre qu’un cercueil flottant, ce ne sont pas les trois pêcheurs que mon frère et moi avons un jour sauvés de la noyade qui diront le contraire. Aucun d’eux ne savait nager et ils n’avaient pas de gilets… La totale !